
Les imprimeurs et toutes les professions du livre ont payé un lourd tribut à la Résistance: sur 1200 ouvriers du livre résistant, 400 ont été tués, abattus, décapités, déportés, fusillés. Il est par ailleurs impossible de chiffrer les pertes subies par ceux qui ont fait vivre la presse clandestine pendant 4 ans : on ne saura jamais combien de dactylos, de "tireurs" à la ronéo, de transporteurs, de distributeurs, ont également donné leur vie.
Pourtant, sans leur concours à tous, jamais la Résistance n'aurait pu se développer ni entraîner dans l'action des fractions de plus en plus larges de la société. De quelques feuilles ou tracts clandestins, totalisant quelques centaines d'exemplaires en 1940, la presse clandestine est passée quatre ans après à une centaine de grands journaux et à 400 ou 500 organes régionaux ou locaux représentant un tirage de deux millions d'exemplaires. Comme le dit très justement Robert Doisneau: "Tous les textes traitant des imprimeries clandestines ont donné la priorité aux auteurs des textes, l'imprimeur, lui, n'apparaît que très modestement. Obéissant à l'écrivain, le typographe avec son plomb à la patte, n'avait pourtant pas grande chance de pouvoir s'envoler en cas de danger." C'est donc pour faire "Honneur à nos camarades typos" comme disait Jean Cassou que cette exposition a été réalisée.
Cette exposition regroupe 48 photographie que Robert Doisneau clicha entre la fin 1944 et le début 1945 pour illustrer la revue "Le Point" de Pierre Betz qui consacrait son édition de mars 1945 aux imprimeurs de la Résistance. Ces images sont donc nécessairement des reconstitutions réalisées après-guerre avec la complicité des modèles, imprimeurs acteurs de la Résistance.
Exposition présentée au château des Rohan. Réalisée par le Musée de la Résistance nationale et l'Atelier Robert Doisneau